Comment bien choisir et utiliser son matériel d’aide à la mobilité ?
Conserver son autonomie, sécuriser ses déplacements quotidiens et prévenir les risques de chutes sont des enjeux majeurs pour les personnes âgées, en convalescence ou en situation de handicap. Qu’il s’agisse d’un besoin temporaire après une intervention chirurgicale ou d’un aménagement pérenne, le choix d’un matériel d’aide à la mobilité ne doit rien au hasard.
Ce guide pratique vous détaille pas à pas les critères de sélection et les consignes d’utilisation pour intégrer parfaitement ces dispositifs dans votre quotidien.
Étape 1 : Évaluer précisément le besoin et l’environnement
Avant d’acquérir ou de louer un équipement, une analyse préalable globale est indispensable :
- Le degré d’autonomie de l’utilisateur : La personne peut-elle soutenir son propre poids ? Quel est son niveau de fatigue ou ses capacités musculaires au niveau des membres supérieurs et inférieurs ?
- La durée d’utilisation : Le besoin est-il ponctuel (quelques semaines de rééducation) ou définitif ?
- L’environnement quotidien : Le logement comporte-t-il des couloirs étroits, des portes étroites, des marches ou des tapis ? Les déplacements se feront-ils principalement en intérieur ou à l’extérieur (trottoirs, chemins) ?
Étape 2 : Choisir le matériel adapté
1. Les cannes et béquilles : pour les pertes d’équilibre légères
Ces aides sont recommandées pour soulager une articulation douloureuse ou apporter un point d’appui supplémentaire lors de la marche.
- Cannes anglaises (béquilles) : Idéales pour décharger une jambe après un traumatisme ou une opération.
- Cannes de marche simples ou multipattes : Parfaites pour maintenir l’équilibre à domicile ou lors des promenades.
2. Les déambulateurs et cadres de marche : pour sécuriser la marche
Le déambulateur offre un soutien stable et permet de reprendre confiance lors des déplacements.
- Cadres de marche fixes ou à 2 roues (Usage intérieur) : Très légers et compacts, ils facilitent les déplacements dans les pièces réduites tout en évitant les glissades.
- Déambulateurs à 3 ou 4 roues (Usage intérieur/extérieur) : Équipés de freins de parking et souvent dotés d’une assise ou d’un panier, ils sont idéaux pour conserver une activité extérieure, franchir de petits obstacles et faire ses courses en toute sécurité.
3. Les fauteuils roulants : de la mobilité ponctuelle à l’autonomie totale
Le fauteuil roulant s’envisage lorsque la station debout devient trop éprouvante ou impossible.
- Fauteuils manuels standards : Polyvalents et configurables, ils conviennent parfaitement à un usage temporaire ou à la location.
- Fauteuils actifs : Conçus pour les utilisateurs autonomes conservant une bonne force musculaire, ils offrent maniabilité et légèreté.
- Fauteuils de confort : Destinés aux personnes passant de longues heures assises et nécessitant l’aide d’un tiers.
- Fauteuils électriques : Offrent une autonomie maximale en cas de handicap moteur important, avec des modèles récents plus légers, compacts et pliables pour faciliter les transports.
Étape 3 : Régler et prendre en main l’équipement (Tutoriel)
Un matériel mal ajusté peut provoquer des douleurs lombaires ou augmenter le risque de chute. Voici les étapes de réglage à respecter :
Tutoriel de réglage pour cannes et déambulateurs :
- Position de départ : Tenez-vous debout, bien droit, avec vos chaussures habituelles.
- Ajustement de la hauteur : Laissez vos bras pendre naturellement le long du corps. La poignée du matériel (canne ou déambulateur) doit arriver au niveau du pli du poignet.
- Validation de la posture : Une fois les poignées saisies, votre coude doit former un léger angle de 20 à 30 degrés.
Conseils d’utilisation au quotidien :
- Marcher avec un déambulateur : Tenez-vous à l’intérieur du cadre (ne restez pas trop en arrière). Avancez le déambulateur d’une courte distance, puis avancez la jambe la plus faible avant de ramener la jambe forte.
- Monter ou descendre une marche avec une canne : À la montée, posez d’abord la jambe forte, puis la jambe faible et la canne. À la descente, avancez la canne et la jambe faible en premier, puis la jambe forte.
- Pour les fauteuils roulants : Vérifiez toujours que les freins de stationnement sont enclenchés avant d’effectuer un transfert (s’asseoir ou se lever du fauteuil).
Étape 4 : Penser aux options de location et à l’accompagnement médical
Le choix d’un matériel d’aide à la mobilité gagne à être effectué en coordination avec des professionnels de santé (médecin traitant, kinésithérapeute, ergothérapeute). Ils sauront poser la bonne indication médicale et établir l’ordonnance adaptée.
- Achat ou Location ? Pour les besoins temporaires (rééducation, convalescence post-opératoire), la location d’un fauteuil roulant ou d’un verticalisateur est souvent la solution privilégiée et prise en charge par l’Assurance Maladie. L’achat s’impose davantage pour des besoins sur-mesure et à long terme.
- Maintenance et sécurité : Vérifiez régulièrement l’état des embouts en caoutchouc des cannes (anti-dérapants), le serrage des freins sur les déambulateurs et la pression des pneus pour les fauteuils.
En résumé
L’acquisition d’un matériel d’aide à la mobilité doit s’inscrire dans une démarche personnalisée. En choisissant l’équipement le plus adapté à votre anatomie, votre niveau d’autonomie et votre cadre de vie, vous garantissez votre sécurité au quotidien tout en préservant votre liberté de mouvement.